L’analyse des comportements de lecture sur Internet (qu’il s’agisse d’un blog santé/bien-être, d’articles de presse ou de la fiche Wikipédia d’un quelconque tueur en série) indique que nous nous comportons face à l’information écrite sur le web comme devant une notice de montage Ikea rédigée en suédois médiéval par un stagiaire dyslexique : nous ne nous donnons pas la peine de lire…

L’homme moderne, animal paradoxal et taquin, se rue sur la toile à la recherche d’informations qu’il a finalement trop la flemme de déchiffrer en détails. Le temps de visite moyen sur une page ne nous laisserait le temps de parcourir qu’une infime partie du message administré (28 % pour être tout à fait précis). Toutefois, il est fort probable que sur ce temps imparti, vous ayez parallèlement visionné trois vidéos de chat désopilantes, pour vous donner du courage (ou qu’un de vos enfants ait causé l’écroulement de votre nouvelle étagère Järpengluk sur sa fragile petite tête (si seulement vous aviez lu cette fichue notice…).

L’Eyetracking est formel : plus d’un tiers d’entre vous a déjà foutu le camp !

Au troisième paragraphe d’un texte,  seul 63 % des lecteurs saignent encore des yeux devant une prose qui les fatigue malgré tout au-delà de l’entendement. Les autres ont déjà cliqué sur une autre information cruciale, apparue comme par magie au bas de l’écran (cet albinos thaïlandais se prend tous les jours en selfie pendant 150 ans !).

En sautant une ligne supplémentaire (dans un but purement pédagogique, bien que quasi-suicidaire), je viens ainsi de me débarrasser d’une part significative de mon audience. 32 % seulement des lecteurs oseront s’aventurer jusqu’ici (également appelés « internautes de l’extrême »).

Voici donc un tableau récapitulatif :

Position par rapport au début du texte Proportion d’utilisateurs ayant jeté un œil au paragraphe
1 81%
2 71%
3 63%
4 32%

Pourtant, des solutions existent.

Si vous tenez vraiment à être lus sur Internet, la plus efficace serait sans doute celle-ci :

Internaute étudiant avec assiduité un article de fond traitant du réchauffement climatique.

Une autre alternative, plus aléatoire mais passionnante, consisterait à produire des contenus de qualité, marqués par une exigence d’écriture réelle, l’introduction récurrente d’illustrations infographiques salutaires (le recours aux photographies de chatons est également recommandé quel que soit le sujet traité (à l’exception notoire des fiches Wikipédia de serial killers)).

Soyez concis, percutant, didactiques et, si vous en avez la possibilité, soyez drôles aussi.

Si vous lisez encore ceci, vous êtes soit victime de séquestration, soit convaincus à présent de l’importance d’un contenu rédactionnel cohérent, ludique et efficace.

Dans les deux cas, soyez assurés que nous sommes à vos côtés.

Quoi qu’il en soit, vous êtes déjà partis et moi aussi.