Photographie : Thomas Smith

 

Si nous ne devions choisir qu’un seul mot pour décrire nos talents chez YouLoveWords, « diversité » serait l’heureux élu. Après vous avoir présenté Amélie, rédactrice lifestyle, c’est au tour de RJ, talentueux poète Gallois parcourant le monde, de se prêter à l’exercice.

Hello RJ ! Avant tout, dis-moi : quel temps fait-il en Argentine ?

En ce moment, il fait très beau ici, à Buenos Aires. Cependant je suis en route pour l’aéroport ! Je vais à Valparaiso, au Chili, où l’un de mes poèmes sera diffusé dans un festival de films. L’hiver approche de ce côté du monde, donc ça va se rafraîchir !

Peux-tu te présenter, en quelques mots ?

Je m’appelle RJ et j’ai 24 ans. Je suis d’origine galloise et en ce moment, je suis une sorte de poète errant en Amérique du Sud, où je me suis installé pour écrire mon roman, He.
J’ai un parcours professionnel assez varié. Je suis venu à Paris à l’âge de 18 ans pour étudier la langue et la culture françaises à l’University of London Institute in Paris et, à l’âge de 20 ans, j’ai lancé mon activité de conseil en stratégie digitale et contenus. J’ai ensuite poursuivi un Master Spécialisé en alternance, au sein d’une grande école française où j’ai étudié le management de projet web et la stratégie digitale.

Pour tous ceux qui ne le savent pas, tu as une histoire particulière avec YouLoveWords. Est-ce que tu peux nous raconter comment tu es arrivé parmi nous ?

En effet ! Durant mon alternance j’ai été amené à réaliser une stratégie de contenu mettant en lumière les start-ups innovantes de Paris. C’est au sein d’un événement auquel j’assistais que j’ai découvert YouLoveWords. J’ai ensuite contacté Grégory pour l’interviewer et… il m’a débauché de mon alternance pendant l’interview (rires) ! Les projets WeLoveWords et YouLoveWords m’ont beaucoup inspiré et, peu après ma première rencontre avec Greg, j’ai commencé à travailler au sein de l’équipe ! #ForABetterWord

Tu es rédacteur, mais tu es avant tout poète. Tu peux nous en parler ? Comment t’est venu cet amour de la poésie ?

Au pays de Galles, la poésie fait partie de la base de notre culture. Ailleurs, elle est souvent perçue comme un art élitiste et peu accessible, mais pas à mes yeux. Pour moi, la poésie n’est pas tant une façon d’écrire qu’une façon de voir le monde autour de nous, nous permettant d’exprimer cette perspective. L’amour de cet art me vient de sa capacité à « porter ma voix ».

Tu as beaucoup voyagé et vécu dans différents pays. Comment penses-tu que ton côté globe-trotteur ait pu influencer ta plume ?

J’ai résidé à Paris pendant presque 6 ans, avec des déplacements fréquents à Édimbourg et Londres. Pendant cette période, à côté de mon roman et ma poésie, j’ai tâté du journalisme pour des publications internationales comme DSECTION et Prestage, des opportunités qui m’ont donné l’occasion de voyager à Amsterdam, à Oslo et à Barcelone et d’interviewer, entre autres, Olivier Rousteing, directeur créatif de Balmain ou encore Viktor Horsting et Rolf Snoeren, directeurs créatifs de leur marque éponyme Viktor&Rolf.
En termes d’influence due, je pense que la découverte de nouveaux horizons est très importante pour ma « voix écrite », qui s’inspire beaucoup de tout ce qui touche à l’idée du « transitoire ».

L’utilisation des images est également très importante pour toi ; tu es un instagrammeur prolifique. Quel lien fais-tu entre production éditoriale et production visuelle ?

J’aime beaucoup Instagram. Je trouve ce média social très créatif ! Il permet aux utilisateurs de découvrir l’univers d’autres personnes en un clin d’œil, et la créativité de certains comptes m’inspire tellement. Eurostar a récemment lancé un nouveau compte Instagram qui m’impressionne. Je pense que texte et images partagent une relation symbiotique. L’image parvient à illustrer des idées qui sont parfois trop complexes et se perdent, tandis que le texte est à l’image une narration d’idées parfois trop vagues.

Ce lien avec l’aspect visuel se remarque notamment au travers de ton exposition Words&Blood. Peux-tu nous en parler ?

Words&Blood est un chapitre d’une série de poésies que j’écris actuellement, Happenstance.  Je m’inspire beaucoup d’Ernest Hemingway, qui disait “There is nothing to writing. All you do is sit down at a typewriter and bleed.” Cette métaphore… Cette idée de saigner et de souffrir pour bien écrire m’a beaucoup parlé et j’ai commencé à écrire de la “blood poetry” (de la poésie avec mon sang) l’année dernière.
Depuis, j’ai découvert que de multiples écrivains et philosophes avait fait le même lien entre les mots et le sang, notamment Kant, Gallico ou encore Dante.
L’idée a alors pris une autre signification en septembre, lorsque j’ai écrit Inkwell, qui traite de l’impossibilité qu’ont les homosexuels à donner leur sang. Je veux que ma poésie ait un impact tant sur le fond que sur la forme, et jouer avec l’aspect visuel m’a semblé évident. Illustrer visuellement la prise de sang et l’utilisation de ma force de vie comme encre a contribué à donner poids à ma narration.

Comment décrirais-tu ton processus créatif ?

En terme de poésie, il est rare que je m’assoie et me mette à écrire. En général, je vois quelque chose dans la rue ou je lis une phrase qui m’inspire puis je laisse le concept se développer et, petit à petit, le poème se construit de lui-même. Parfois cela prend des semaines, parfois des mois. J’écris la plupart de mes poèmes lorsque je suis dans un état transitoire, où je me sens hors de ma zone de confort (notamment en voyage, où l’idée de foyer n’existe pas).
Pour mon roman et pour les productions de mes clients, le processus est plus rigide.

Quelle est ta meilleure expérience de rédaction pour un client et pourquoi ?

J’ai récemment eu l’opportunité de concevoir et écrire le baseline et le contenu d’une campagne marketing pour la marque de luxe Shiseido, grâce à YouLoveWords. La campagne était à échelle internationale et le client appréciait particulièrement ma façon poétique d’écrire, et m’a encouragé dans cette voie.

En tant qu’artiste, rédacteur et expert en stratégie numérique, quel conseil primordial donnerais-tu aux marques ?

En ce qui concerne la transition vers le digital, il ne faut pas tomber dans le piège de penser que le contenu Web sert uniquement à vendre un produit ou un service.
Une bonne stratégie de contenu est basée sur l’idée d’apporter de véritables informations au lecteur, sans essayer de lui vendre quelque chose. Cela augmente l’audience et donc le fait d’atteindre sa cible.
C’est alors au tour d’autres outils digitaux de convertir, mais il est primordial d’apporter un contenu ayant de la valeur.

Les trois questions « les trois » sont de retour !
Tout d’abord, selon toi, quelles sont les trois qualités indispensables à tout bon rédacteur ?

Je pense que chaque rédacteur est différent, ce qui est bien parce que les besoins et moyens de chaque client sont aussi variés que spécifiques. En général, je dirais que l’écoute est très importante. Pour bien répondre à un besoin client, il faut savoir l’écouter. La créativité, surtout dans un contexte digital, est un atout pour que le contenu rédigé se distingue des autres. Enfin, la passion, tant pour l’écriture que pour la marque elle-même aide beaucoup, je pense.

Et les trois lectures qui t’ont le plus plu ?

Je viens de terminer Le soleil se lève aussi d’Hemingway, qui est un très beau roman. J’écoute actuellement l’audiobook L’Amour aux temps de choléra de Gabriel Garcia Marquez et je lis également une collection d’histoires courtes, d’Haruki Murakami.

Enfin, quels sont tes trois prochains objectifs / envies ?

Je viens de lancer mon nouveau site web, un blog lifestyle de poète. J’ai envie de le développer et je suis actuellement en train d’écrire des POET LIFE CITYGUIDES, un cityguide conçu spécifiquement pour les écrivains et les poètes pour qu’ils puissent découvrir le coté littéraire d’une ville.
Premières villes prévues : Paris, Édimbourg et Buenos Aires. Ensuite, je compte terminer mon roman, He. qui compte beaucoup pour moi et finalement, développer encore plus mon activité de conseil en stratégie de contenu.

Tu manques à beaucoup de personnes en France ! Tu as programmé une date de retour ?

Paris me manque beaucoup aussi, mais j’avais besoin de quitter l’Europe, ma zone de confort et tout ce que je connaissais pour pouvoir écrire mon roman. Je serai de retour en Europe début juin. Barcelone pour commencer, puis Édimbourg. Mon retour à Paris est prévu mi-juin, mais je serai un peu partout en Europe cet été. En réalité, je ne sais pas quand je serai de retour pour de bon. Pour le moment, je m’amuse beaucoup en vivant ma vie de poète sur la route !

Merci RJ (et à très vite) !